UN PEU D’HISTOIRE

Kulaman Ma’ Wan’ Ta’ Siwkw - Lest We Forget

 

LES ANCIENS COMBATTANTS AMERINDIENS DU CANADA ET DES ETATS- UNIS.

Par l’Association de Recherche des Anciens Combattants Amerindiens. (ARACA) (base sur les textes officiels des archives Canadienne et Americaine.)

 

La première guerre mondiale

 

Un tiers des indiens canadiens, soit environ 4000d’entre eux, aptes au service, et d’age militaire se sont enrôles au cours de la première guerre mondiale même si certains vivaient dans des régions reculees du Canada.

Un an après le commencement de la guerre, Duncan Campbell Scott, sous- surintendant général au ministère des affaires indiennes, fit part de la réponse des indiens au parlement :

 

‘‘Je suis heureux d’attirer l’attention sur le fait que la participation de la Grande-Bretagne à la guerre a suscité des expressions de loyauté de la part des Indiens et qu’ils ont offert de verser des contributions à l’égard des dépenses générales de guerre ou du Fonds patriotique. Certaines bandes ont également offert les services de leurs guerriers si nous en avions besoin.’’

 

De telles déclarations furent publies durant les quatre années de guerre à  travers tout le Canada pour souligner l’augmentation continue du nombre de recrues et des dons en argent provenant des nations indiennes.

 

Malgré ces rapports, on ne connaît pas le nombre total de volontaires, ce n’est qu’a la fin de 1915 que l’on commença  à indiquer l’origine autochtone sur les feuilles d’enrôlement. Les autochtones enrôlés avant janvier 1916 ne font pas partie des listes officielles, de même que les Indiens des territoires du Nord, de Terre Neuve, alors indépendant du Canada, des Inuits, des métis et des autochtones américains.

 

L’empire britannique avait tout d’abord découragé l’enrôlement des indiens canadiens et fit adopter au gouvernement canadien une politique qui interdisait le service des indiens outre mer, sous prétexte que l’ennemi percevait les autochtones comme sauvages et que ces derniers feraient ainsi l’objet de mauvais traitements s’ils étaient faits prisonniers. La politique ne fut jamais appliquée.

L’enthousiasme autochtone était tel, que certaines réserves perdirent presque tous leurs jeunes hommes. Par exemple, seulement 3 hommes parmi les algonquins de la bande Golden Lake restèrent dans leur réserve. La moitie des micmacs et des malecites au New Brunswick et en Nouvelle Ecosse s’enrôlèrent, et la collectivité de File Hills en Saskatchewan, offrit tous ses hommes, de même que la bande Had of the Lake en Colombie Britannique.

On estime à15 le nombre d’inuit, venu du grand Nord canadien venus se joindre au 1er Newfoundland Régiment.

 

Les iroquois de Grand River en Ontario fournirent le plus de guerrier, 300 d’entre eux ( sur une population totale de 4500 personnes en 1914) allèrent au front. Nombre de ses volontaires furent membres du 37th haldimand rifles qui composa le 114th bn, le seul bataillon qui compta plus de 500 autochtones et eu droit à un drapeau distinctif formé de symboles iroquois. De ce groupe, 29 ont été tues au combat, cinq sont morts des suites de blessures ou de maladies, un a été fait prisonnier de guerre et un a été porte manquant.

La plupart des Canadiens, y compris les autochtones, servirent dans l’infanterie du Corps canadien au sein de Corps expéditionnaire canadien (CEC). De nombreux autochtones devinrent tireurs d’élite et éclaireurs. On faisait ainsi appel - avec des effets dévastateurs - à leurs talents traditionnels de chasseur et de guerrier.

Les fonctions étaient simples et dangereuses. Les tireurs d’élite servaient à décontenancer l’ennemi en atteignant leurs cibles à partir de cachettes, appelées «nids». Avant une attaque, les éclaireurs se glissaient derrière les lignes de front afin de déterminer les positions de l’ennemi et leur force. Pendant toute la guerre, le ministère des Affaires indiennes reçut de nombreuses lettres du front où l’on faisait l’éloge des tireurs d’élite et des éclaireurs autochtones. En outre, au moins 37 décorations furent décernées à des autochtones canadiens pour le courage dont ils firent preuve comme tireurs d’élite et éclaireurs, ainsi que pour d’autres actes de bravoure pendant la guerre.

On oublie parfois aussi les courriers, les autochtones étant de très grand coureurs, ils furent utilisés en priorité pour acheminer les messages importants, un soldat allemand en 1916 en a témoigne ainsi dans son journal, je cite «  j’ai vu un homme courir, très vite, d’après son uniforme, il devait être anglais, j’ai pris mon fusil et j’ai tiré dessus. Je l’ai vu tomber, rouler, s’immobiliser puis se relever et courir aussi vite, j’ai tiré, et tiré encore, de nombreuses fois, et je l’ai vu tomber et se relever autant de fois. Puis je l’ai perdu de vu, et il s’est retrouvé derrière moi. Il était canadien et très foncé, sûrement un de ces sauvages indiens. Je n’avais plus le choix, je me rendis sans condition »

Le soldat Thomas Longboat, grand coureur canadien, médaillé d’or aux jeux olympiques venait d’arrêter 8 soldats allemands et fut emmener à l’hôpital pour 24 blessures par balle.

 

La seconde guerre mondiale

Le Canada déclara la guerre à l’Allemagne le 10 septembre 1939, et pour la seconde fois, les autochtones répondirent à l’appel.

On rapporterait  au total 3090 participants, mais comme pour la première guerre mondiale, un grand nombre d’autochones ne furent pas pris en compte. Contrairement à la première guerre mondiale, les amérindiens sont considères comme sujets britanniques et peuvent donc s’enrôler sauf dans l’aviation et la marine. Plus de 200 soldats Canadiens autochtones furent tués au combat ou moururent de leurs blessures au cours de la Seconde Guerre mondiale. Les autochtones gagnèrent au moins 18 décorations pour bravoure au combat. Ils participèrent à toutes les principales batailles et campagnes, y compris le désastreux raid de Dieppe et l’importante invasion de la Normandie. Ils servirent aussi sur l’un des pires théâtres imaginables, Hong Kong, où près de 2 000 membres des Winnipeg Grenadiers et des Royal Rifles of Canada devinrent prisonniers de guerre des Japonais. Parmi eux se trouvaient au moins 16 Indiens et Métis, dont neuf succombèrent à des blessures ou à la maladie. les autochtones contribuèrent activement à l’effort de guerre au pays. En Colombie-Britannique, ils furent nombreux à se joindre aux unités de défense des côtes du Pacifique. Ces unités patrouillaient et surveillaient les côtes pour déceler des signes d’une invasion japonaise. Partout au pays, des Indiens et des Indiennes oeuvrèrent dans les usines de guerre et travaillèrent pour accroître la production agricole sur leurs réserves. En outre, les Indiens offrirent les terres de certaines réserves pour installer des aéroports, des champs de tir et des postes de défense.

À la fin de la guerre, la Direction des affaires indiennes rapporta que les bandes indiennes du Canada avaient donné plus de 23 000 $, sans compter les montants qui avaient été envoyés directement à la Croix-Rouge, au Fonds britannique des victimes de la guerre, à l’Armée du Salut et à d’autres associations charitables semblables, ainsi que des dons de vêtements et d’autres articles.

 

  

Le retour des anciens combattants

Les autochtones participèrent à toutes les batailles et campagnes, y compris le désastreux raid sur Dieppe le 19 août 42, ou à la grande bataille de Vimy en avril 1917.

 

Les soldats autochtones revinrent au Canada avec des souvenirs incroyables et des émotions diverses. En même temps que les horreurs de la guerre, ils apportaient avec eux la fierté et la joie d’avoir aidé à libérer des peuples captifs. Ces autochtones revinrent en outre avec l’expérience de styles de vie différents, particulièrement avec celui de la Grande-Bretagne où, pendant des mois et, dans certains cas, pendant des années, ils s’étaient entraînés.

 

Les anciens combattants autochtones sont fiers de leurs contributions du temps de guerre. Certains ont fait des pèlerinages commémoratifs aux champs de bataille sur lesquels ils ont combattu des décennies auparavant. Des monuments commémoratifs ont été érigés dans des endroits stratégiques sur plusieurs réserves.

 Les résidants s’y réunissent chaque année le 11 novembre pour les cérémonies du jour du Souvenir.

Pourquoi se sont-ils engagés si bénévolement ? La réponse serait

1° le patriotisme,

  gagner une paye importante, mais la raison principale est due à leur tradition guerrière.

 

Prenons le cas du lieutenant Brant Cameron Donald, arrière arrière-petit-fils de Joseph Brant, chef mohawk qui aida les Britanniques au 18eme siècle. Brant Cameron Donald fut tue à Ypres le 24 avril 1915 lors d’une charge heroique.

Citons également le soldat Standing Buffalo Joseph, dcd le 29 septembre 1918. il était le petit-fils du grand chef sioux Sitting Bull.

 Citons également la famille Dreaver, qui envoya 23 membres de sa famille durant les deux guerres, et enfin, citons Prince Tommy, qui fut décore de 11 médailles durant la seconde guerre mondiale et la guerre de Corée.

 Mais le retour se fut pas toujours joyeux, des anciens combattants indiens fraîchement rapatries au Canada, n’étaient pas admissibles aux prestations des anciens combattants s’ils n’abandonnaient pas leur statut d’indiens. Dans d’autre cas, ils constataient qu’en leur absence, l’agent régional des affaires indiennes avait supprime leur nom de la liste des membres de la réserve, pire certains avaient perdu leur terres au profit d’anciens combattants « blanc’’ . 

On estime le nombre d’amérindien canadien enrôle durant les deux conflits entre 7000 et 12000, soit un nombre proportionnellement plus grand que le reste de la population canadienne. Officiellement, 500 d’entre eux furent tués Les tombes de ses soldats oublies sont repartis dans le Nord Pas de Calais, la Belgique, mais également a travers le monde entier (Hong Kong, Bagdad, Le Caire…)

 

Et les américains ?

Les Américains ont connu les mêmes problèmes que les autochtones canadiens. La différence, est que des 1917, le système de codage grâce aux langues indiennes est mis en place : cree, choctaw, sioux et cheyennes traduisent les messages dans leurs langues maternelles pour brouiller les pistes. Durant la seconde guerre mondiale, ce sont les Navajos dans le Pacifique et les Choctaws en Europe qui auront la lourde tache de servir de codeurs.

De nombreux autre Amérindiens des états unis serviront l’armée Américaine durant les deux guerres. On les estime à 17313 durant la première guerre, et plus de 45000 durant la seconde.

 

La contribution amérindienne (Canada, Etats Unis confondus) ne s’arrêtera pas en 1945, ils participeront activement a la guerre de Corée, la guerre du Vietnam, la guerre du Golfe… et depuis 2001, 32 amérindiens ont donnes leurs vies en Irak et en Afghanistan.

 A noter, que près de 300 amérindiens venus de Guyane ont servit la France durant les deux guerres mondiales et la guerre d’Algérie. A noter également, que le Canada a rendu hommage aux anciens combattants indiens, métis et Inuits durant un pèlerinage de deux semaines en France et en Belgique. Je vous conseille également de lire ‘’ le chemin des Ames’’ de Joseph Boyden, qui raconte l’histoire de deux Cree durant la première guerre mondiale.

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